Manny Sullivan est le pivot du Sanctuaire. Il a les mains et les yeux partout et quand il voit Josh Headley là où il ne devrait pas être, c’est lui qui va à sa rescousse et le sauve.

Josh bénéficie du programme de protection des témoins du Sanctuaire, après que son père ait décidé de se retourner contre les Bullen. Non seulement son père est un meurtrier, mais son ex est un menteur qui l’utilisait pour recueillir des informations. Avec ses capacités dans la recherche d’informations, il espère apporter sa contribution à une solution.

Le dossier qui a commencé avec la mort d’Elisabeth Costain arrive à sa fin, et Josh et Manny se retrouvent au milieu de tout cela. Alors quand Manny risque sa vie, est-il enfin temps pour Josh de risquer son cœur?

















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Extrait


CHAPITRE UN 

Manny Sullivan était bien au-delà de la colère et filait droit sur le chemin qui aboutissait à furieux. Ce foutu Sean Hanson avait infecté le système, envoyant un virus fouiller dans les dossiers privés et foutrement protégés de Manny.

— Que fait-il ? demanda Jake.

Il regardait tandis que Manny se battait contre l’attaque virale, dossier après dossier. Appuyé contre le bureau, à côté de celui de Manny, son expression figée montrait une incrédulité omniprésente dans le bureau en ce moment.

Personne n’avait jamais réussi à se rapprocher suffisamment du noyau central et des Ops pour réussir à pénétrer à l’intérieur des fichiers du Sanctuaire. Étant donné que c’était Manny qui était responsable de la sécurité et que ce qu’il ne savait pas au sujet du système du Sanctuaire ne valait pas la peine d’être connu, l’attaque était un énorme désastre.

— Je dois accorder ça à ce foutu Sean Hanson, céda-t-il à contrecœur. C’est un sacré bon codage. Qui donne accès à une porte dérobée, vers des choses de niveau inférieur. C’est étrange cependant…

Manny marqua une pause et fixa l’écran le plus proche de lui.

— Qu’y a-t-il de bizarre ?

— Cela aurait pu être bien pire. Celui qui a créé le code connaît son affaire. L’infection en elle-même est intelligente et Sean aurait pu prendre tellement plus qu’il ne l’a fait. Au lieu de ça, il a laissé une marque ici, l’équivalent d’une trace de pas taille quarante-cinq dans du béton frais.

— Ce qui signifie ?

Jake se pencha encore plus près, son regard passant de l’écran aux notes, avant de revenir.

Manny se mit à rire intérieurement. Le propriétaire milliardaire et créateur du Sanctuaire, Jake Callahan était beaucoup de choses. Mais programmeur informatique n’en faisait pas partie. Pour Jake, le code qui défilait sur l’écran pourrait aussi bien ressembler à quelque chose issu de Matrix. Manny vérifia le pourcentage effectué, douloureusement lent, presque 72 %. Il avait tellement mieux à faire que rester assis autour de la machine à regarder les programmes de nettoyage défiler et à penser au pourquoi Sean avait laissé une telle piste facile à suivre afin de localiser l’infection. Le côté soupçonneux de Manny avait immédiatement pensé au pire. Que la piste facile avait été télégraphiée pour empêcher de trouver autre chose de beaucoup plus profond et qui resterait ignoré. Le fait était qu’il avait terminé un nettoyage incroyablement profond et qu’il n’avait rien trouvé de fâcheux en dehors de cette merde de virus qui se faufilait dans les comms. Normalement, il n’aurait pas hésité à faire part de ses pensées à Jake, pour attirer son attention, mais il était suffisamment honnête pour admettre intérieurement qu’il souffrait que Sean se soit autant approché de son bébé.

Jake n’avait rien dit. N’avait accusé Manny de rien. Mais la fierté de Manny était écornée.

Il appuya sur le bouton « échap » pour arrêter le défilement et indiqua l’écran.

— Regardez, dit-il. Cette partie, ici, c’est presque comme si l’interruption était simplement conçue pour cacher ce qui s’est passé à la cabane. Puis cela commence à s’auto-détruire. Comme si elle était arrivée à une date limite.

— Juste pour couvrir le fait que Sean a tué Adam et Lee ?

Jake se pencha en arrière et s’éloigna, l’amertume familière s’entendant dans sa voix. Il n’était plus le même depuis que Sean s’était révélé être la taupe du FBI, travaillant pour Alastair et Greg Bullen. Sean subissait maintenant un interrogatoire fédéral. Il ne s’était pas beaucoup débattu quand Adam et Lee l’avaient confronté, mais dans l’altercation qui s’en était suivi entre deux autres hommes armés accompagnant Sean, Lee s’était fait tiré dessus. Sean et Jake n’avaient pas exactement été des amis, mais Manny avait remarqué un peu de réchauffement dans la froideur glaciale causée par le fait que Jake avait accepté qu’un représentant du FBI suive chacun de ses mouvements. Jake avait cédé à la demande afin que le Sanctuaire et le Bureau nouent des liens étroits. Tout se passait bien, compte tenu du fait que Sean s’était avéré être un des méchants.

Manny haussa les épaules.

— J’aimerais le savoir. Tout ce que je sais, c’est que c’était facile à trouver une fois que l’évènement est survenu. Des marqueurs se sont montrés dans chaque partie de mon système. Des incohérences et des avertissements. Tel que c’était, les comms ont disparus pendant un peu plus de dix minutes.

— C’était suffisant, cependant. Pour s’assurer qu’Adam et Lee étaient morts.

Manny leva les yeux vers Jake. Son patron avait l’air épuisé. Pâle avec des cernes noirs autour des yeux, il se montrait rude là où il aurait normalement agi de manière directe. Il avait très mal pris le fait que Sean les avait baisés. Il n’avait pas eu beaucoup de choix sur le fait d’avoir un agent de liaison qui suivait tous ses mouvements et faisait une procédure d’audit, mais il se blâmait encore pour avoir laissé Sean s’approcher du système.

— D’après les rapports, il n’a pas vraiment tiré de coups de feu pour faire sortir nos gars. En outre, la trace dans l’ordinateur ne nous dit toujours pas pourquoi il était impliqué avec les Bullen ou avec Headley.

— Il n’a toujours rien donné aux Féds.

Jake bâilla largement derrière sa main.

— Du moins, rien qu’ils aient partagé avec nous.

Sean Hanson avait été mis au secret par le FBI et était actuellement, d’après leurs paroles, vigoureusement débriefé. Ils étaient aussi stupéfaits que le Sanctuaire que l’un des leurs se soit retourné contre eux de manière aussi spectaculaire. Aucune information n’avait filtré jusqu’au Sanctuaire. Autant pour la coopération !

— Et nous n’avons toujours aucune chance de pouvoir discuter avec lui ?

Manny était tout à fait pour attaquer Sean de front avec un bien pensant « qu’est-ce que c’est que ce bordel ? ». Jake avait immédiatement refusé sa demande.

— Ce n’est pas de notre ressort, indiqua-t-il doucement.

Répéter ce qu’il avait annoncé auparavant était bien plus révélateur qu’il ne le réalisait. La première fois qu’il l’avait dit, Jake avait été plein de colère. Cette fois, on ne sentait plus que de la tristesse et de la résignation.

— Je vais continuer à creuser, offrit Manny.

Il devait dire quelque chose pour apaiser la tension.

— Peut-être que cela va révéler ce qu’il surveillait. Savons-nous réellement si les Féds ont au moins quelque chose sur lui pour l’instant ?

Il réprima un rire. Le fait que le FBI élève des barrières et ne partage pas ses informations ne posait aucun problème à Manny.

— Voulez-vous que je pirate leurs systèmes ?

Jake se mit à rire.

— Pas aujourd’hui. Je te ferai savoir quand.

Jake se releva et s’éloigna du bureau.

— Avons-nous des rapports sur les Headley ? demanda-t-il.

« Les Headley » étaient la femme et le fils du gars qui avait commencé tout ce foutoir. Le flic qui avait tiré sur Elisabeth Costain dans une ruelle. Ce n’avait été que parce que le Sanctuaire leur avaient offert un lieu sécurisé, dénué de toute implication du FBI, que Gareth Headley avait finalement accepté de témoigner pour le Procureur contre Gregory Bullen.

— Jennifer a envoyé son rapport il y a quelques heures. Tout va bien, mais Josh Headley a tendance à s’énerver.

Josh Headley était un gars vraiment brillant – un étudiant en criminologie du genre génie avec des compétences certaines avec les ordinateurs, apparemment. Bien que Manny doute que son expertise soit de son propre niveau, c’était un fait intéressant à propos d’un homme paraissant autrement plutôt ennuyeux. Beau. Grand. Cheveux foncés. Yeux verts. Gay. Mais le fils d’un meurtrier et susceptible de bientôt disparaître dans le service de protection des témoins.

— Nous devons faire en sorte qu’ils tournent la page, dit Jake, d’un air absent.

Il avait le regard perdu dans le vague et affichait un air pensif. Il devait probablement envisager ce que le Sanctuaire pourrait financer et où serait le meilleur endroit. Le Sanctuaire n’était pas seulement une fondation pour Jake, c’était sa vie.

— Vous devriez rentrer chez vous, patron, intervint fermement Manny. Prenez des décisions demain.

— Dit le gars qui pourrait aussi bien planter une tente dans la salle des comms.

Manny ignora le commentaire. Comment pourrait-il être au courant de tout ce qui se passait s’il n’était pas là ?

— Je viendrai vous trouver si je découvre quoi que ce soit.

Il se concentra sur les écrans et sur le code qui était en train d’être nettoyé, remarquant à peine quand Jake partit. Les lignes du code étaient en fait très complexes et il ressentit à nouveau une certaine admiration pour Sean si c’était bien lui qui l’avait implanté. Quelqu’un lui apporta du café. Les gens faisaient ça. Il avait tendance à s’immerger tellement dans son travail qu’il en oubliait de manger. Inévitablement, il se tournait pour faire quelque chose et trouvait une assiette avec des sandwiches à côté de lui, ou un café, ou encore un soda. Parfois, les trois ensemble. Il soupçonnait Abbey de la compta ou Cain des Ops, mais n’avait en fait jamais été capable de les attraper sur le fait, ni l’un, ni l’autre.

S’adossant à son fauteuil, il vérifia l’heure – un peu moins de minuit. Par habitude, il regarda le défilement des images transmises par chaque caméra chargée de surveiller les endroits sur lesquels le Sanctuaire gardait un œil. Il n’avait pas vraiment besoin de le faire, des Ops s’en occupaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en plus de leur travail normal. Les caméras et flux étaient concentrés sur la maison et le bureau du sénateur Bullen dans les Catskills, et sur plusieurs autres endroits-clefs, y compris la maison appartenant à l’avocat des Bullen. Bien entendu, rien de tout ceci n’était strictement légal, c’était Manny qui avait piraté le système du gouvernement et les caméras des rues. L’image était bonne avec la nuit claire et tout était calme. La demeure était vide d’après ce que Manny en savait. Les infos recueillies indiquaient que le sénateur était dans sa propre maison et, bien entendu, Greg était mort et Alastair en état d’arrestation. Mais pour l’avocat des Bullen – un gars calme avec deux fils – il semblait passer tout son temps à travailler sur des affaires impliquant la famille. Il était probablement incroyablement bien payé pour ça également.

Il n’y avait aucun lien entre lui et le sénateur – il travaillait afin de protéger les deux autres frères Bullen. Mais, étant donné que Morgan devait se présenter devant les masses demain, autant surveiller tout le monde. Minuit arriva et repartit et Manny but un café froid. Le goût amer était une saveur à laquelle il était habitué, et il n’avait pas vraiment faim, alors le sandwich au poulet rejoignit la banane à moitié mangée dans la poubelle. Réglant le dossier de sa chaise, il l’inclina et s’allongea. Rester au Sanctuaire et y dormir n’étaient pas inhabituel pour lui. Les Ops veillaient sur lui et l’informeraient immédiatement s’il se passait quoi que ce soit. Bon sang, se taper toute la ville à traverser jusqu’à son appartement pour simplement dormir lui paraissait peu logique. Peu importe ! Il était heureux ici, avec ses ordinateurs et ses statistiques. Il se sentait important et le travail qu’il faisait en valait la peine.

Il bâilla largement et s’étira. Son cou lui faisait mal d’être resté raide à scruter les impressions du code, mais après quelques heures de sommeil, il devrait être assez détendu pour être en mesure de se concentrer à nouveau sur les tâches à accomplir.

Un léger mouvement sur la retransmission de l’un des écrans attira son attention et il repoussa sa fatigue pour se concentrer. Chez l’avocat ? Il fit marquer une pause dans les écrans rotatifs sur ce flux. Quelqu’un était-il plaqué contre le mur de derrière ? Pour l’escalader ? Personne ne serait aussi stupide. La maison contenait un mur d’enceinte surveillé et fermé. Passer par-dessus serait l’œuvre d’un idiot. Il zooma plus près. Plus il s’approchait, plus l’image était pixellisée, mais cela ne servait à rien de nier que quelle que soit cette personne, il tenait sa vie entre ses mains.

— Merde !

Il se releva et, en l’espace de quelques secondes, il se retrouva dans la salle des Ops.

— Manny, nous avons un mouvement à la localisation K, indiqua un des agents.

Cain était de service et assis à sa table, tapant déjà sur son clavier. À faire son boulot. Découvrir qui était près du lieu et essayer de trouver le plus d’informations qu’il le pouvait.

— Qui avons-nous sur le terrain ? demanda rapidement Manny.

La question en elle-même était stupide. Cela n’avait pas d’importe que l’un des agents du Sanctuaire soit disponible, aucun d’eux ne serait en mesure de se rendre à la maison aussi vite que lui le pourrait.

— Deux agents à moins de trente minutes.

Cain cilla en faisant son rapport à Manny, les yeux écarquillés derrière de grandes lunettes rondes.

— Oublie ça ! dit brusquement Manny. J’ai besoin de comms.

Cain passa une petite boîte à Manny qui contenait une oreillette et il la saisit rapidement. La fixant à son oreille, il quitta la salle en courant. Il prit les marches trois par trois et se retrouva dans le parking, peut-être deux minutes après avoir vu le gars grimper au mur.

Demandant de plus amples détails alors qu’il démarrait sa voiture, les Ops l’informèrent sur tout ce qu’ils avaient, et finalement, Jake fut là, en ligne, avec lui.

— Parle-moi, Manny.

Les rues étaient désertes et Manny s’engagea sur la route principale, reliant le quartier des affaires à la périphérie de la ville.

— Je me dirige vers la maison de l’avocat, l’informa Manny, sans prendre la peine de suivre les indications provenant de la navigation par satellite qui remplissaient la voiture.

Cain savait ce qu’il faisait et Manny jeta un coup d’œil sur l’écran. Douze kilomètres restants. Huit minutes sans trafic, en respectant les limitations de vitesse. Six, s’il allait plus vite.

— Manny ? demanda à nouveau Jake.

— Je viens juste de voir Josh – cet idiot – Headley à la maison de l’avocat.

— Attends !

Jake était ferme et la ligne resta silencieuse pendant une seconde. La vitesse en centre-ville d’Albany diminuait, mais Manny poursuivit sur sa lancée, manquant de peu de brûler un feu rouge dans sa détermination à découvrir ce que diable il se passait.

— Jennifer dit qu’il est sorti de la maison et que le système de sécurité a été désactivé.

Il n’avait pas le temps de discuter afin de trouver comment cet idiot avait réussi à sortir de la maison sécurisée du Sanctuaire et à éviter un garde du corps aussi expérimenté que Jennifer.

— Je serai là-bas dans trois minutes, confirma Manny.

— Nik est en chemin. Il est à vingt minutes maintenant. Merde !

Jake marqua une pause.

Manny se concentra sur son chemin, doublant des voitures garées le long de la route, alors qu’il quittait les logements en dehors des limites de la ville.

— Nous ne pouvons pas laisser l’avocat attraper Josh. Cela ferait sauter tout le dossier que nous avons monté avec son père. Peux-tu faire sortir Headley sans être vu ?

Manny visualisa la disposition de la maison et le mur d’enceinte du jardin tandis qu’il évitait de justesse une Toyota garée, son cul à moitié sur la route. Traverser le jardin prendrait quelques secondes, mais il lui faudrait plus de temps pour désactiver le système de sécurité. Josh pouvait-il même faire ça ? Pourquoi voulait-il cambrioler la maison ? Voulait-il se venger de l’avocat des Bullen ? Ressentait-il un faux sentiment de rendre justice ? Pourquoi avait-il quitté la maison sécurisée ? Pourquoi foutait-il tout en l’air ?

— Je suis dessus, Jake, répondit Manny à la place.

Inutile de ressasser ses craintes, ses préoccupations et ses propres questions. Il se gara une rue plus bas que la maison et sortit de la voiture, arrivant devant le mur en un peu plus d’une minute. La propriété était en retrait de la route, entièrement close et possédait un système de sécurité pour la maison elle-même. Il calcula que Josh était sur le domaine de l’avocat depuis dix bonnes minutes. Merde ! N’importe quoi aurait pu se produire.

Prenant une profonde inspiration et recentrant son attention, il tira son arme de l’arrière de sa ceinture, son poids dans sa main l’apaisant. Il n’était pas tout à fait certain de ce qu’il allait trouver à l’intérieur des jardins, ou de la maison. L’avocat aurait pu engager des gardes. Bon sang, il pourrait même tenir Josh en respect, à la pointe d’un fusil. Vérifiant l’endroit, il pensa au chemin à parcourir jusqu’à la maison. Il était très conscient des caméras installées par la société de sécurité du propriétaire. Éviter les caméras faisait partie de la formation offerte par le Sanctuaire et qu’il suivait régulièrement. Il leva les pouces à l’intention des Ops. Si les comms tombaient de nouveau en panne, il voulait qu’ils soient certains qu’il se trouvait bien sur le site, mais cela ne servait à rien de retrouver sa photo placardée partout. Il releva le col de sa veste, prit plusieurs autres inspirations afin de se calmer, puis grimpa, passa par-dessus le mur et se laissa tomber sur l’herbe de l’autre côté, le tout sans faire le moindre bruit. Il écouta attentivement, mais n’entendit rien.

— Tout est calme, les gars, indiqua-t-il dans le micro relié à son oreillette. Pas d’armes. Pas de police. Pas de chiens. Pas de cris.

— Attrape-le. Sortez de là, dit rapidement Cain. Trois entrées : une à l’avant, deux à l’arrière. Toutes sous alarme.

Manny passa devant la première et s’arrêta devant les deux autres, tandis que la brise qui remuait les feuilles des arbres agitait doucement la porte. Elle était ouverte et le panneau de sécurité sur le côté était détraqué. Manifestement, Josh n’avait pas attendu auprès de celui-ci. Alors pourquoi quelqu’un mettrait-il de l’argent dans A) un système de sécurité aussi merdique et B) dans une porte aussi fragile que celle-ci ? Manny n’arrivait vraiment pas à le comprendre. Il entra aussi silencieusement qu’il le pouvait, arme tenue au niveau de la poitrine et chaque nerf tendu, lui permettant de rester en éveil.

— Ne te fais pas prendre, intervint Cain avec beaucoup de prudence.

Je ne me ferai jamais attraper, pensa Manny. Il suivit le son d’une voix qui augmentait en volume. Il semblait qu’une personne avait beaucoup à dire et à sortir de sa poitrine. Manny s’arrêta devant la porte qui était ouverte. Il risqua un bref coup d’œil, mais tout ce qu’il put voir fut le dos d’un grand beau brun qu’il identifia tout de suite comme étant Josh. Et c’était lui qui faisait toute la conversation.

— … naïf de penser que je ne le découvrirais pas. Qu’est-ce que c’était ? Ce jour-là, au club ? Était-ce ta manière d’agir avec quelqu’un dont tu ne pouvais pas détacher tes yeux ?

— Josh, s’il te plaît…

— Qu’as-tu fait, E ?

E ? Eric Santez. Le fils aîné de l’avocat.

— C’est mon père. Il a dit que c’était important…

— Es-tu venu lui faire ton rapport chaque fois que je t’ai laissé me pencher sur le canapé ? Ou la nuit où nous avons baisé dans la salle de derrière…

— Il va t’entendre…

Eric paraissait à bout et sur le point de se montrer vraiment inquiet.

— Tu dois partir.

— L’as-tu jamais pensé ? fit à nouveau la voix de Josh. Quand tu disais que tu m’aimais ?

Manny se cogna la tête contre le mur. Merde ! Pourquoi personne n’avait-il fait le rapprochement ? Le petit ami à qui Josh voulait dire au revoir était le fils de l’avocat des Bullen ? Cela paraissait logique, dans le sens merdique. On s’était joué de lui. Et manifestement, Josh venait de le découvrir.

La voix de Cain fit écho dans sa tête.

— Jennifer a appelé. Josh a réuni énormément d’informations sur Emilio et Eric Santez. Tout est sur son PC. Josh n’a pas caché ce qu’il a découvert. Il a forcé le code de verrouillage.

— C’était impossible, disait Eric. Je ne pouvais pas t’aimer. Cela n’allait jamais aboutir à quoi que ce soit…

Manny entendit le bruit d’un poing rencontrant la chair, suivi par le son de quelqu’un tombant peut-être sur une table. Merde ! Josh allait déclencher une suite sans fin de problèmes s’il ne se calmait pas.

Prenant une profonde inspiration et exhalant lentement, Manny entra dans la pièce, arme au poing. Il nota la situation dans la pièce en un instant. Eric Santez était étalé sur le sol, sa poitrine se soulevant rapidement, dans une tentative pour reprendre son souffle, et du sang coulait de son nez. Josh Headley se tenait au-dessus de lui, une rage froide gravée sur son visage. Puis il leva son regard vers Manny, les yeux vitreux sous l’effet du choc.

— Je l’ai frappé ! fut tout ce que Josh dit tandis qu’il levait sa main et la secouait, incrédule quant au geste qu’il avait fait. Merde !

Merde, en effet !

— Les mains là où je peux les voir !

— Je ne vais nulle part…

— Nous partons, l’informa brusquement Manny.

Il lui fit signe avec son arme, et Josh suivit relativement rapidement ses ordres. Il franchit la porte avec ses mains levées, et Manny le suivit. Seulement après qu’ils soient sortis de la pièce principale, laissant un Eric inconscient derrière eux, Josh tenta sa chance. D’un mouvement digne d’un homme qui avait regardé beaucoup trop de films d’action, il tourna sur son talon, essayant d’attraper le pistolet. Manny le laissa retrouver son équilibre et, d’un mouvement démontrant son entraînement, il poussa l’autre gars face au mur, une main remontée durement le long de son dos et le canon de son arme posé dans le creux des reins de Josh. Un homme d’un mètre quatre-vingt-deux se retrouvait solidement emprisonné entre le mur et sa poigne. Manny ressentit un petit frisson, parce qu’une fois encore, quelqu’un l’avait sous-estimé en se basant sur sa taille, pensant qu’il ferait une cible facile.

— Manny Sullivan, murmura-t-il durement. Le Sanctuaire. Arrêtez de vous battre contre moi, sortez de cette foutue maison et éloignez-vous de ce putain de mur !

Josh se détendit dans la poigne de Manny et, sans se retourner, sortit de la maison dès qu’il le relâcha. Des lumières commencèrent à s’allumer alors qu’ils atteignaient le mur et, lorsqu’ils se laissèrent tomber de l’autre côté, le son d’une alarme retentit à l’intérieur de la maison, brisant le silence. Manny rangea son arme dans sa ceinture, au bas de son dos, et commença à courir en direction de sa voiture. Josh était sur ses talons et, sans discuter, il grimpa sur le siège passager.

En une minute, ils s’étaient éloignés de l’endroit où Manny s’était garé, la voiture reprenant le chemin du Sanctuaire.

— Je suis désolé… commença Josh.

— Fermez-la ! cracha Manny tandis qu’il sortait de la zone entourant la maison et qu’il reprenait la direction de la ville.

Josh obéit à l’ordre qui lui avait été donné et, en quelques minutes, ils étaient de retour au sous-sol souterrain du Sanctuaire, sortaient de la voiture, prenant la direction de l’ascenseur. Josh resta silencieux quand Manny entra le code pour arriver au bon étage, puis s’appuyait contre le mur.

— Que…

— J’ai dit : la ferme !

Manny était énervé. Pourquoi le Sanctuaire se donnait-il de la peine avec toutes ces conneries, quand des gens comme Josh foutaient tout en l’air ?

Josh se hérissa et s’éloigna du mur. Manifestement, il avait quelque chose à dire. Manny tira simplement son arme de là où il l’avait rangée, faisant semblant de vérifier son état et refusant de croiser les yeux de Josh. Le jeune homme, en contrepartie, poussa un profond soupir et détendit sa position.

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